Les déodorants contenant des sels d’aluminium favoriseraient le cancer du sein. Le port d’un soutien-gorge avec armatures empêcherait la bonne circulation de la lymphe. La succion des seins permettrait de prévenir la maladie. Ces affirmations circulent depuis des années, surtout sur les réseaux sociaux. Mais que disent réellement les études scientifiques ?
À l’occasion des campagnes de sensibilisation au cancer du sein célébrées chaque octobre, il convient de démêler le vrai du faux dans toutes ses rumeurs.
Les déodorants aux sels d’aluminium favoriseraient le cancer du sein
Sur les réseaux sociaux, plusieurs personnes rapportent l’idée selon laquelle les déodorants aux sels d’aluminium c’est-à-dire les anti-transpirants favoriseraient le cancer du sein. Mais c’est quoi ses sels d’aluminium dont il est question ?
Contrairement aux déodorants classiques, qui agissent principalement sur les odeurs, les antitranspirants contiennent des substances, notamment des sels d’aluminium. Ces derniers réduisent temporairement la transpiration en formant des bouchons dans les canaux sudoripares.
Des travaux menés en laboratoire ont étudié les effets de l’aluminium sur les cellules mammaires. Une étude publiée dans l’International Journal of Molecular Sciences en 2021 évoque la possibilité que l’exposition à l’aluminium contribue à des perturbations cellulaires.
«L’utilisation quotidienne d’anti-transpirants, particulièrement riches en sels d’aluminium, pourrait contribuer à l’augmentation de l’incidence et à la redistribution topologique des cancers du sein observées dans les sociétés occidentales », peut-on lire dans l’article.
Ces résultats ont alimenté les inquiétudes. Mais rappelons que ces études ont été faites sur des cellules en laboratoire, ce qui ne signifie pas pour autant que ces effets s’observent chez les femmes qui utilisent ces produits au quotidien.
Par ailleurs, des études scientifiques indiquent qu’aucune preuve ne permet d’établir un lien entre l’utilisation des déodorants ou des anti-transpirants et le développement du cancer du sein. Une étude menée en 2002 auprès de 813 femmes atteintes d’un cancer du sein et de 793 femmes sans antécédent de cette maladie n’a trouvé aucun risque lié à leur utilisation.
À ce jour, les données scientifiques disponibles ne permettent pas de confirmer que les déodorants ou les anti-transpirants contenant des sels d’aluminium provoquent le cancer du sein..

Les soutiens-gorge avec armatures bloqueraient la circulation lymphatique et provoqueraient le cancer du sein
Faut-il se méfier des soutiens-gorge avec armatures ? Selon une croyance, ces sous-vêtements comprimeraient les seins et empêcheraient la circulation de la lymphe. Ce qui favoriserait alors l’accumulation de substances toxiques susceptibles de provoquer un cancer.
Les soutien-gorge avec armature sont constitués en métal ou en plastique cousus sous les bonnets pour redessiner la silhouette et répartir le poids de la poitrine.
Cette idée a été popularisée par le livre Dressed to Kill, publié en 1995 par Sydney Ross Singer et Soma Grismaijer. Les auteurs y avancent que le port prolongé du soutien-gorge serait associé à un risque plus élevé de cancer du sein.
Depuis, des chercheurs se sont penchés sur cette question. Une étude américaine publiée en 2014 par des chercheurs du Fred Hutchinson Cancer Research Center a comparé les habitudes de port du soutien-gorge de femmes ménopausées atteintes d’un cancer du sein à celles de femmes non atteintes. Les résultats n’ont révélé aucun lien entre le cancer du sein et le port d’un soutien-gorge. Et ceci, qu’il comporte ou non des armatures, quelle que soit la taille du bonnet ou la durée quotidienne de port.
La succion des seins permettrait de prévenir le cancer du sein
L’une des affirmations les plus répandues mais la moins crédible. La succion des seins par un partenaire aide à prévenir le cancer du sein. Cette idée, parfois justifiée par les effets de la stimulation des mamelons sur certaines hormones, notamment l’ocytocine, est trompeuse.
Il est vrai que la stimulation des mamelons peut entraîner une libération d’ocytocine. Cependant, la succion des seins ne signifie pas qu’elle protège contre le cancer du sein. À ce jour, les études scientifiques disponibles ne permettent pas d’affirmer que la succion des seins dans un contexte sexuel réduit le risque de développer cette maladie. Aucun effet préventif de cette pratique n’est établi.
Toutefois, Il convient de distinguer cette affirmation de ce que l’on sait de l’allaitement. Des études démontrent que l’allaitement peut contribuer à une diminution du risque de cancer du sein. Mais ces études ne permettent pas d’affirmer avec preuve à l’appuie que la succion sexuelle aurait le même effet.
Face aux nombreuses affirmations qui circulent sur le cancer du sein, il convient de séparer le vrai du faux. À ce jour, la médecine ne retient aucun lien de cause à effet entre la maladie et l’usage des anti-transpirants ou le port d’un soutien-gorge à armatures. Tout comme la succion des seins ne constitue en rien un moyen de prévention.
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