L’intelligence artificielle va-t-elle remplacer le journaliste ?

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On entend partout que les journalistes vont disparaître. Beaucoup de personnes adhèrent à cette idée. Et pour cause, l’omniprésence des outils d’intelligence artificielle comme ChatGPT, Gemini ou DALL-E. Pourtant, la réalité est tout autre. La technologie progresse à grande vitesse, mais l’illusion du « tout-technologique » se heurte encore à une limite, l’humain. L’IA ne pourra pas remplacer totalement le journaliste.

Tout d’abord, qu’est-ce que l’intelligence artificielle ? Selon IBM, il s’agit d’une branche de l’informatique qui vise à créer des systèmes capables d’accomplir des tâches nécessitant habituellement l’intelligence humaine. Mais aussi performante soit-elle, elle reste avant tout un outil.

L’IA ne peut se rendre sur le terrain 

Nombreux sont ceux qui se demandent aujourd’hui si l’intelligence artificielle peut remplacer les milliers d’hommes et de femmes qui couvrent l’actualité sur le terrain, les journalistes. La réponse est simple non.

L’IA excelle dans le traitement de sujets largement documentés et déjà présents sur Internet. Elle est capable de compiler des documents, de résumer des informations ou encore de retrouver rapidement des données. En revanche, lorsqu’il s’agit d’un événement récent ou d’une situation qui vient de se produire, c’est le flou total. Une intelligence artificielle ne peut pas se rendre sur le terrain pour observer une situation de ses propres yeux. Elle ne peut pas assister à une conférence de presse, interroger un témoin, constater les dégâts après un accident ou ressentir l’atmosphère d’une manifestation. Or, le journalisme commence précisément là où les faits se produisent.

Les algorithmes travaillent à partir de données déjà existantes. Ils ne créent pas l’information de terrain. Cette mission reste celle du journaliste.

L’intelligence artificielle est également dépourvue de conscience morale. Pourtant, le discernement est une qualité importante dans le travail journalistique. Chaque jour, le journaliste doit faire des choix. Il doit décider quelles informations publier, quelles sources privilégier et comment traiter certains sujets sensibles. Pour cela, il s’appuie sur son expérience, sur les règles déontologiques et sur son sens de l’éthique. Contrairement à une machine, le journaliste peut prendre du recul face à une situation. Il peut évaluer les conséquences d’une publication et réfléchir à son impact sur le public. Le journaliste doute, vérifie et assume la responsabilité de ce qu’il publie. L’IA, elle, ne fait qu’analyser des données et calculer des probabilités.

Pour raconter une histoire ou réaliser un reportage, il faut également comprendre les émotions humaines. Un journaliste est capable de percevoir la peur dans la voix d’un témoin, la colère d’une victime ou l’inquiétude d’une population. Cette compréhension permet de restituer fidèlement la réalité tout en conservant la distance nécessaire. L’IA peut imiter un style d’écriture. Par contre, elle ne ressent ni émotion ni empathie.

L’IA, un outil au service du journaliste

Cela ne signifie pas pour autant que l’IA est inutile dans les rédactions. Bien au contraire. Aujourd’hui, elle permet de traiter de grandes quantités d’informations. Elle aide à repérer des tendances, à classer des documents ou encore à transcrire des entretiens. Elle réduit certaines tâches répétitives et permet au journaliste de consacrer davantage de temps à l’enquête et à la vérification.

L’IA peut également contribuer au fact-checking. Ceci, en facilitant l’analyse de données ou la détection de certaines manipulations visuelles. Mais elle ne remplace jamais le jugement humain. L’IA doit donc être considérée comme un assistant et non comme un remplaçant. Elle accompagne le journaliste dans son travail sans pouvoir exercer son métier à sa place.

Tant que le monde sera fait d’émotions, d’imprévus et de réalités humaines complexes, il aura besoin de journalistes pour les observer, les comprendre et les raconter.

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